Regroupement AFPA Greta, une fausse bonne idée qui ressurgit périodiquement.

Une proposition de loi sénatoriale déposée par une sénatrice et un sénateur LR envisage le transfert des Greta vers l’AFPA. Pour la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, ceci a tout de la fausse bonne idée.

Notre formation professionnelle pour adultes est aujourd’hui riche de deux grands réseaux de service public, l’AFPA et les GRETA, implantés de façon complémentaire sur les territoires et offrant des services eux aussi complémentaires et reconnus par leur environnement.

Leurs réponses de formation, contribuent à la régulation et à la diversité du marché de formation, dans un contexte financier contraint pour les financeurs. Leur légitimité respective ne fait pas débat auprès des publics, des prescripteurs et des financeurs.

Une proposition de loi sénatoriale déposée par une sénatrice et un sénateur LR envisage le transfert des Greta vers l’AFPA.

Pour la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques cette proposition n’est pas opportune. Nous avons écrit à la Dgesco en début de semaine en demandant notamment une audience et vous proposons d’adresser ce courrier à vos parlementaires.

La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques qui accompagne les personnels des Greta, tient en effet aujourd’hui à rappeler quelques réalités factuelles.

Deux réseaux bien différents

Le réseau des Greta, depuis 50 ans, repose sur le maillage territoriale des établissements scolaires et tout particulièrement des lycées professionnels. Ceux-ci contribuent à l’utilisation et au fonctionnement des plateaux techniques et permettent leur accessibilité  dans le cadre de la formation tout au long de la vie (y compris aux salarié·es d’entreprises). A l’écoute des demandes sur les territoires (grâce aux Conseiller·es en Formation Professionnelle) les Greta s’organisent de façon souple en réponse à ces demandes locales dans un principe budgétaire (local lui aussi) d’efficacité et d’équilibre. Rappelons que les personnels des Greta sont entièrement autofinancés dans le cadre de cette activité. Leur proximité avec les acteurs de l’Éducation nationale,  sous la responsabilité du ministère, contribue à la mise œuvre de parcours de professionnalisation sur les voies scolaire, par apprentissage et de formation continue des adultes. Suivant les académies, le périmètre des Greta est très variable et repose essentiellement sur une gouvernance de proximité.

Le réseau AFPA depuis la reconstruction dès la fin des années 1940, sous la responsabilité du ministère du travail, propose des réponses de formations professionnelles sur des centres dédiés, dont il doit assumer la maintenance. Devenue agence, elle assure aussi la mission d’ingénierie des certifications du ministère du travail et diverses autres missions spécifiques pour lesquelles elle bénéficie de financements spécifiques. Son organisation est pilotée nationalement et régionalement dans le cadre d’un Établissement Public à caractère Industriel et Commercial (EPIC). Elle s’est réorganisée progressivement pour développer ses réponses sur l’ensemble du marché de la formation continue.

L’origine de leur création et de leur culture respective distingue ces deux réseaux, mais on peut noter encore d’autres différences, sur l’approche pédagogique, le profil des formateurs, la conception des réponses à apporter, la création d’outils. Les fiches de postes et lettres de mission, des différents personnels traduisent bien cette diversité.

La fusion : une fausse bonne idée

La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques ne souhaite pas se positionner en terme d’évaluation de l’efficience de l’un ou l’autre des réseaux, mais souhaite démontrer toute la complexité de vouloir fusionner ces deux modèles et alerter sur les pertes que cela pourrait engendrer :

  • perte de temps dans la construction de cette éventuelle future entité,
  • perte de compétences dans l’unification de fonctionnements si différents,
  • perte du maillage territoriale complémentaire pour les bénéficiaires,
  • perte de financements et de notoriété pour les publics comme les professionnels,
  • perte d’identité professionnelle pour les formateurs et autres acteurs GRETA,
  • perte des conditions de travail spécifique et du droit syndical spécifique.

La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques se pose la question des vraies raisons qui président à cette proposition qui contribuera à un affaiblissement du service public de formation des adultes, avec la crainte d’entraîner une étape de plus dans la marchandisation de la formation continue.

En synthèse voici donc deux réseaux qui se mobilisent chacun sur des enjeux différents dans le but de continuer leur mission de service public, à partir de culture et de fonctionnements différents et dont l’unification en soi de permettra aucun gain direct en matière financière (rappelons que les Greta se financent sur fonds propres) ni en matière de diversité pédagogique ou certificative, mais plongera leurs personnels et leur fonctionnement dans un trouble dont ils se passeraient bien dans le contexte actuel !

Ressources complémentaires