CNESER du 12 mai 2026 : non à la hausse des frais d’inscription à l’université !

Au CNESER du 12 mai, la CFDT rappelle l'importance de la gratuité de l'enseignement, une valeur fondamentale et un principe constitutionnel.

Monsieur le président du CNESER, chers collègues, 

Comme tous nos collègues, la CFDT tient à redire son opposition viscérale aux augmentations massives des frais d’inscription, aujourd’hui pour les étudiants venant de pays extérieurs à l’Union Européenne, mais peut-être un jour pour les autres

Une réforme contraire aux valeurs que nous portons

Cette réforme vient heurter une valeur à laquelle nous sommes profondément attachés, celle de la gratuité de l’enseignement, à tous les niveaux, du primaire jusqu’au supérieur. Nous étions opposés aux droits d’inscription différenciés en 2019, et nous sommes donc opposés à ce projet de décret en Conseil d’état qui veut supprimer les possibilités de dérogation. À nouveau, c’est d’abord pour nous une opposition de fond : nous sommes contre cette réforme parce qu’elle est contre les valeurs que nous portons.

Une opposition quasiment universelle

On voit dans cette séance que l’opposition à la réforme est quasiment universelle. D’un côté, je peux remercier le ministère de nous permettre ce beau moment d’unité syndicale et même au-delà, puisque France Université a également exprimé son opposition au projet. Mais, plus sérieusement, nous tenons à alerter sur le danger qu’il y a à vouloir imposer une réforme qui va à ce point à l’encontre des valeurs portées par les personnels de l’enseignement supérieur. Nous alertons régulièrement le ministère sur la perte de sens de nos métiers, sur la souffrance au travail qui en résulte, et aussi sur les difficultés de recrutement qu’on voit apparaitre en conséquence. Cette réforme, comme celle de 2019, participe à cette perte de sens. Nous ne sommes pas partisans de l’immobilisme, mais cependant nous vous alertons solennellement : il serait totalement déraisonnable de vouloir réformer l’enseignement supérieur en allant frontalement à l’encontre des valeurs des personnels et des étudiants.

La gratuité doit être la règle

Nous considérons aussi que cette hausse des frais d’inscription va à l’encontre du principe constitutionnel de gratuité de l’enseignement, qui doit être la règle, à tous les niveaux, du primaire jusqu’au supérieur. Ce principe fait partie de l’image de notre pays, et de sa réputation. Pourquoi le remettre en cause ?

Améliorer les conditions d’accueil des étudiants étrangers

Par contre, si, au lieu de ce projet néfaste, le gouvernement voulait enfin donner corps au « bienvenue » de « bienvenue en France », il trouverait la CFDT prête à ouvrir avec lui ce chantier. Il est immense : que les procédures de demande et de renouvellement de visa cessent d’être un parcours d’obstacle chronophage et démoralisant ; qu’on permette aux étudiantes et étudiants que nous accueillons de bénéficier pleinement de droits sociaux, voire d’accéder à l’emploi ; qu’on se soucie de leurs conditions matérielles d’existences : là, on aura réellement ouvert le chemin à celles et ceux qui souhaitent choisir la France pour leurs études supérieures.  

Pour l’image de la France dans le monde, et pour les valeurs que portent les universitaires français, il est essentiel de retirer ce projet de décret et de revenir à la simple application du principe constitutionnel de gratuité de l’enseignement.