Repas à 1 euro : les personnels des CROUS oubliés de la manœuvre.

Le Premier ministre vient d’annoncer la généralisation du repas à 1 euro. Si la lutte contre une précarité qui oblige un étudiant sur deux à sauter des repas est une nécessité, la CFDT Éducation FRP dénonce une manœuvre politique dangereuse pour les CROUS et leurs personnels.

Cette annonce de généralisation du repas à 1 euro ne prend pas en compte la réalité des moyens dont disposent les CROUS pour mettre en œuvre une telle mesure.

Une annonce politique hors sol pour une mesure sociale nécessaire

Cette annonce précipitée vise à obtenir le soutien de partis politiques pour le vote du budget dans un contexte de tension extrême à l’assemblée nationale. La réalité opérationnelle des CROUS n’est absolument pas prise en compte. La CFDT avait déjà alerté en février 2025 lors de discussions au Sénat sur les risques pour les personnels liés au repas à 1 euro.

Il est inacceptable de jeter en pâture une telle mesure alors que le budget de l’État ne prévoit aucun financement durable pour la porter.

C’est une stratégie cynique qui consiste à faire des promesses sociales sans en payer le prix, laissant les agents gérer seuls le chaos qui en découle.

Les personnels des CROUS : les oubliés de la manœuvre.

Alors que la fréquentation a déjà explosé de 20 à 35% et que les infrastructures sont saturées, le personnel est au point de rupture :

  • Effectifs bloqués : le gouvernement maintient un gel du plafond d’emplois pour 2025, rendant tout renfort impossible.
  • Santé sacrifiée : les accidents du travail et les risques psycho-sociaux sont avérés, pendant que les arrêts ne sont pas remplacés.
  • Climat de pression : brimades et conseils de discipline se multiplient, masquant l’échec d’une gestion à moyens constants.

La CFDT appelle à la vigilance et à l’action.

Nous refusons que les agents des CROUS deviennent la variable d’ajustement de calculs politiciens. La défense du service public ne peut se faire par des annonces « coup de com' » qui fragilisent à la fois les étudiants et les personnels.

Pour la CFDT, la généralisation du repas à un euro exige :

  • un budget pérenne d’au moins 90 millions d’euros
  • la création immédiate des postes nécessaires au fonctionnement des structures.

Si le gouvernement continue de privilégier sa survie politique sur la santé des agents, la CFDT appellera à la mobilisation pour renforcer l’alerte sur les moyens humains et financiers dont nous avons besoin pour être en mesure de généraliser les repas à un 1 euro.

Pour diffuser et afficher sur le panneau syndical

Pour aller plus loin