Conséquences budgetaires 2025-2026 sur les missions des CROUS

Les budgets rectificatifs 2025 et les budgets initiaux 2026 ont des conséquences graves sur les missions des CROUS en matière de restauration, logement et service public étudiant.

Comme expliqué dans notre article décryptant les problèmes budgétaires des CROUS, c’est vers un réseau fragilisé et un modèle économique sous tension que nous allons.

Restauration universitaire : un glissement inquiétant

La logique économique imposée conduit mécaniquement à favoriser les offres diversifiées, plus rentables, au détriment des repas traditionnels, moins lucratifs, mais essentiels pour garantir un service public universel et accessible.

Les projets de cafétérias seront encouragés pour leur rentabilité, alors que les restaurants universitaires, colonne vertébrale historique de la restauration sociale, risquent d’être relégués au second plan — non pas en fonction des besoins des étudiants, mais selon leur performance financière.

Un plan national ambitieux pour l’hébergement, mais…

La circulaire du Premier ministre d’août 2025 prévoit notamment 45 000 logements étudiants à loyer abordable entre 2025 et 2027 ; dont 30 000 logements sociaux, en partenariat avec les CROUS, les collectivités et les bailleurs sociaux.

Ces objectifs sont désormais territorialisés, plaçant rectorats, CROUS, préfectures et collectivités au cœur du pilotage.

La territorialisation peut certainement permettre une meilleure adaptation locale, mais elle interroge :

  • la pérennité du pilotage national du réseau,

  • et la pérennité du rôle direct de l’État.

Pour la CFDT, cette évolution traduit une inflexion majeure : un pilotage territorialisé qui risque d’affaiblir l’unité du réseau, une redistribution implicite des responsabilités vers les collectivités et, à terme, un possible transfert du logement étudiant aux régions.

La CFDT alerte sur la fragilisation du modèle national des CROUS, acteurs historiques de l’égalité d’accès aux services étudiants.

Conclusion

Les Budgets Initiaux 2026 affichent des ambitions fortes, mais aucun moyen humain n’est prévu pour les rendre possibles.

La CFDT rappelle que :

  • un réseau n’est soutenable que si le travail de ses agents l’est,
  • un service public n’est solide et efficace que si l’État lui en donne les moyens.

Sans renforts, sans reconnaissance, sans vision d’ensemble, les CROUS ne pourront ni absorber les missions nouvelles, ni maintenir un service public de qualité pour les étudiants.

La CFDT continuera d’alerter, de proposer et de se mobiliser pour défendre les emplois, les conditions de travail, la subvention publique et la mission sociale des CROUS.